Communication efficace avec les ados en situation de résolution de problème
by Nancy Doyon
Published: 1 septembre 2010
L'adolescence est bien entendue une période propice aux prises de bec avec nos enfants. Leur besoin d'indépendance, les hormones qui jouent aux yoyo, l'émotivité à fleur de peau et leurs toutes nouvelles aptitudes à juger et à argumenter ont souvent l'art de mettre le feu aux poudres.
De leur côté, les parents se retrouvent souvent déstabilisés devant les changements chez leur enfant qu'ils ne reconnaissent parfois plus. Certains jours, ils ont l'impression de discuter avec un enfant de 8 ans, vulnérable et dépendant, alors qu'à d'autre moments ils ont l'impression de s'adresser à un adulte et s'attendent parfois à ce que l'enfant puisse faire preuve de davantage de maturité, de responsabilité et de considération. Leur indépendance, leurs revendications afin d'obtenir des nouvelles libertés et leurs attitudes parfois distantes nous font malheureusement oublier qu'ils ont encore si peur de décevoir leur parents et ont encore bien besoin de leur soutien, de sentir sur eux leur regard rempli d'amour et de fierté.
Il importe donc d'ajuster les méthodes éducatives et la façon dont on aborde avec eux les problèmes du quotidien. Alors qu'il y a quelques années il suffisait au parent d'établir clairement ses attentes, de valoriser les bons coups et de sévir en cas de désobéissance, il faut maintenant aborder les problèmes et les conflits avec beaucoup plus de doigté.
Ainsi, lorsqu'un problème se pose, il est important de choisir un moment opportun afin d'initier le dialogue. Lorsque l'un des deux est pressé, stressé ou émotif, il peut être pertinent de reporter la discussion. De même, il est préférable de décanter quelques heures avant de discuter d'une situation conflictuelle ou d'une erreur de l'enfant.
PROBLÈME
Énoncer LE problème : Nommer clairement et objectivement ce qu'on croit être le problème en tentant de les rendre extérieur aux personnes impliquées (dépersonnalisation) Ex : « Je crois que nous n'avons pas la même opinion sur... », « Dernièrement c'est difficile à l'heure du repas... », plutôt que : « Tu ne m'écoutes pas... », « Je suis tannée de... » ou «Je suis blessée que tu ne manges pas le repas que j'ai préparé! »
On doit à tout prix tenter de sortir le problème de la relation et ne pas chercher à ce que l'autre se sente coupable, car la culpabilité fait lever les mécanismes de protection. En effet, lorsqu'un ados (et bien des adultes…) se sent attaqué, afin d'éviter de se sentir coupable ou de faire face à la déception de son parent, il risque fort d'avoir très envie de se protéger, de se défendre contre l'attaque réelle ou perçue. Les mécanismes de défenses les plus courants à cet âge sont l'attaque (« Pis toi t'es pas mieux!!!), la fuite, l'arrogance, le « je m'en foutisme », le mensonge et l'argumentation…
Il faut donc éviter les longs sermons culpabilisants, les attaques personnelles (« Ta chambre est un vrai bordel! Ça pue! C'est dégueulasse! »), la victimisation (« Tu te fous bien de tout ce qu'on fait pour toi! ») et l'escalade de reproches.
OPINIONS ET ÉMOTIONS DE CHACUN
ÉCOUTER : Laisser ensuite l'ados exprimer TOUT ce qu'il a à dire sur le sujet et essayer de vraiment comprendre son point de vue. S'attarder au CONTENU du discours sans faire trop attention au « contenant » (ne pas s'arrêter si l'expression est maladroite, arrêter toutefois la discussion s'il y a manque de respect flagrant) On doit éviter à tout prix de l'interrompre avec des phrases comme : « Oui mais il faut que tu comprennes que... » Valider son point de vue et ses émotions : « Ouais, je comprend que ce doit être difficile pour toi... », « Ouais, ce que tu dis, finalement c'est … » Exprimer mon point de vue. Lorsqu'il a terminé, exprimer ma façon de voir les choses en évitant d'attaquer ou de culpabiliser l'autre. N'être ni victime, ni agresseur. Ne pas jouer les psychologues non plus. Par exemple, on peut émettre notre opinion ainsi : « Tu vois, moi je vois les choses différemment, mon opinion est.... », « Moi, dans la situation je me suis senti comme.... » Soyez honnête, parlez franchement avec votre adolescent de vos craintes et de vos doutes : « Tu sais, j'aimerais bien te laisser aller à cette fête, mais je suis inquiète. J'ai peur que…, Je ne sais pas trop quelle décision je devrais prendre. » Voir si l'autre a bien compris et s'il a autres choses à ajouter.
SOLUTIONS/AFFIRMATION
Selon la situation....
Affirmer clairement et fermement se qu'on veut et ce qu'on ne veut plus à l'avenir. Et/ou
Chercher des solutions au problème et s'entendre sur une façon de faire
TERMINER
Remercier l'adolescent de son écoute ou de sa collaboration.
Quand ça dégénère….
Quand l'émotivité prend le dessus, que les mécanismes de défense se braquent et que le ton monte, il est important de cesser immédiatement la discussions sinon les reproches dévastateurs risque de pleuvoir. Décrétez alors un cessez le feu et reprenez la discussion un peu plus tard. (« Bon écoute, je crois qu'on est encore en train de grimper dans les rideaux. On va penser à tout ça et on s'en reparle ce soir.) Toutes les situations conflictuelles doivent toutefois être réglées dans un délai assez rapide et on ne doit jamais laisser pourrir quelques ressentiments sous le tapis sinon ils risquent fort de refaire surface de façon brutale et incontrôlée.
Et ne vous en faites pas trop, votre imperfection ne fait qu'aider votre adolescent à mieux accepter ses propres erreurs et défauts!
Nancy xx


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